Christine Groult : Découvrir la musique électroacoustique autrement

Christine Groult a débuté son parcours de compositrice en tant qu’élève de Pierre Schaeffer au Groupe de Recherche Musicale,  au conservatoire expérimental de Pantin, et comme étudiante en musicologie à la Sorbonne. Elle a été assistante au département pédagogie de l’IRCAM, puis responsable du studio électroacoustique du conservatoire de Châlon-sur Saone.  Depuis 1990, elle enseigne la composition électroacoustique.

 

Pour bien découvrir l’univers de cette musicienne, le mieux est sans doute d’écouter son portrait radiophonique tracé par David Jisse sur France Musique.

Christine Groult a consacré une partie de son travail à faire découvrir la musique électroacoustique ailleurs et autrement, avec une volonté forte de toucher un public « inédit » et plus large.

C’est cet aspect de son œuvre que nous avons voulu mettre en lumière.

Dans cet esprit d’ouverture, la compositrice fonde en 2002  l’association Music In Situ, qui «se donne  pour mission de proposer des scénographies musicales dans des lieux porteurs d’imaginaire : sites naturels ; urbains,  industriels, historiques». Pour plus d’information, on retrouvera Music In Situ sur la toile en cliquant ici.

Du printemps à l’automne 2004, Music In Situ travaille avec l’association L’Art au Quotidien pour créer Variation d’une rive à l’autre, promenade le long du Canal de l’Ourcq dans le Bassin parisien. Il s’agissait d’une promenade artistique le long du canal, sur des vélos équipés de haut-parleurs…

 

Dix ans plus tard, elle collabore avec le Collectif MU pour le Festival Bande Originale, qui se déroule lui aussi sur les bords du Canal de l’Ourcq. Pour Bande Originale, avec le conservatoire de Pantin, elle crée une pièce en duo qui fait appel à la mémoire du Canal. Elle adapte deux moments musicaux provenant de sons qui y ont été  captés. Une fois retravaillés, les sons sont « placés sur des zones précises du bassin de la Villette afin que ces bulles s’interpénètrent au gré de la géolocalisation des péniches ou de la déambulation des auditeurs ». Il y a dix ans, Christine Groult rêvait de  dispositifs infra rouge qui se déclencheraient au passage des auditeurs.  Le Collectif MU a réalisé son rêve grâce à la géolocalisation, sous la forme de soundways téléchargeables ici.

 

 

Signalons enfin que Music In Situ a organisé d’autres formes de scénographies :

  • Un Chemin des Cinq Sens en Ardèche : il s’agit d’une randonnée de douze kilomètres dans les environs de St Christol. La découverte des sites s’appuie sur une observation sensible à l’environnement, observation tour à tour visuelle, tactile, sonore, olfactive, gustative… Elle est enrichie de haltes artistiques : une centaine d’artistes, touchés par la beauté des paysages ont exposé leurs œuvres le long du sentier. Outre la musique électroacoustique, les promeneurs découvrent ainsi des peintures, des sculptures, des installations, des poèmes ou autres écrits… Le Chemin des Cinq Sens s’est installé dans la durée, de 2004 à 2010.

 

 

Jacques Blanpain pour le Chemin

 

  • Etincelle : commande l’Institut Curie dans le cadre d’un week-end pour la recherche contre le cancer.  La création a eu lieu en multi spatialisation sur l’esplanade du Panthéon à Paris, avec projection de lumières conçue par Zelda Georgel sur la façade du monument. Christine Groult a élaboré la musique à partir des images les plus frappantes d’un siècle d’histoire de la radioactivité. On peut l’écouter là, avec le sonagramme réalisé par l’Ina.

 

Découvrir le parcours de Christine Groult nous a donné envie de nous pencher sur les expériences tentées par les jeunes compositeurs pour partager la musique électroacoustique autrement. Pas en salle de concert ou à la radio. Autrement, différemment…

Écoutes et usages sociaux du casque audio, balades sonores, musées sonores… tout un monde à découvrir !