Kakoli SENGUPTA

Kakoli est née à Naihati, un petit village proche de Calcutta au Bengale. Elle n’a que cinq ans lorsque sa mère, convaincue de son talent, confie son enseignement au meilleur professeur de chant de sa région, le Maître Sri Gopal Biswas qui initia Kakoli aux secrets du chant classique. Jusqu’à l’âge de vingt ans, Kakoli forme sa voie et son esprit dans une tradition de spiritualité. Elle prit part à des cérémonies religieuses et commença à se produire en public lors de nombreuses festivités de sa région.

En 1974, elle s’installe à Paris. Elle saisit alors toutes les occasions pour faire connaître en Europe son art, le chant d’Inde du Nord. D’année en année, sa réputation va grandissante.
En 1974, les débuts de sa carrière sont marqués par son apparition au prestigieux Festival du Printemps de Bourges. Elle a donné des concerts lors de voyages en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Estonie, en Suisse, en Grande-Bretagne, en Martinique et en Guadeloupe et bien évidemment dans son pays natal, l’Inde.
En 1991, Kakoli sort son premier album «Bronze and Colour», tentative réussie de chanter des mélodies
traditionnelles indiennes sur des arrangements plus modernes. Depuis, elle a réalisé quatre albums en solo.
En1995, elle participe à l’ambitieux projet international intitulé «La Déclaration des Droits de l’Homme» qui
marqua la célébration du cinquantième anniversaire des Nations Unies et fut donné au siège de l’Unesco à Paris. La musique du spectacle, composée par Michel Garnier, fut enregistrée et un CD fut commercialisé ultérieurement.

De multiples autres collaborations culturelles jalonnent sa carrière, et de part son esprit d’ouverture et sa
curiosité, Kakoli a été amenée à croiser les chemins musicaux d’artistes de tous horizons. On retrouve aussi bien son empreinte dans les disques de la pop new âge (Premananda et Turkantam) que dans la musique zouk (Jacob Desvarieux), ambiant (Dj Cam) et même dans le rap d’avant-garde (In Vivo). Les chants de Kakoli sont parfaitement dans leur élément dans les compilations de world-beat et de musique de relaxation qui sont sortis dernièrement.

Depuis plusieurs années, elle collabore aussi avec le milieu du cinéma. De 1994 à 1995, elle fut chargée de l’accompagnement musical de classiques du cinéma indien lors de festivals de flms muets en Italie et en France. Alors qu’elle demeure un trésor inconnu du Bollywood, en Europe sa voix est apparue dans les bandes son de films diffusées à la télévision ainsi qu’au cinéma. Actuellement, un jeune réalisateur est en train de travailler sur un documentaire sur Kakoli.

Sa solide formation technique ; son sens subtil de la mélodie et sa pratique musicale irréprochable font de
Kakoli aujourd’hui une des représentantes les plus authentiques de la musique classique indienne en Europe. Lors de chacun de ses concerts, les chants de Kakoli réchauffent le coeur et l’âme de son public. On ne s’étonnera donc pas que Kakoli soit régulièrement invitée à donner les concerts dans les hôpitaux parisiens où les qualités de «guérison» de sa voix constituent un traitement spécial par la musique et son autant appréciées par les patients que par le personnel.

Le professionnalisme de Kakoli, allié à son charme naturel font d’elle un professeur de chant classique d’Inde du Nord très prisé. Cet enseignement se place depuis plus d’une vingtaine d’années au centre de son activité. A Paris, elle prend plaisir à travailler avec un groupe de vrais disciples, des gens de toutes origines et de tous âges.

Ailleurs en France, ainsi qu’à l’étranger, on lui demande souvent de diriger des ateliers et des Master classes ou simplement de faire des conférences sur ses techniques vocales et ses méthodes d’enseignement.

Une dernière chose, et non des moindres, est qu’après trente-huit ans passés en France, Kakoli est toujours complètement « indienne ». Ou qu’elle aille, elle porte toujours un des ses fabuleux saris. Un tika au front, elle est l’incarnation vivante de l’identité indoue empreinte de dignité.
Tant sur le plan artistique que personnel, il est important pour kakoli de rester en contact avec son Inde natale.
Son voyage annuel « chez elle » est un élément essentiel de sa vie, c’est une habitude, un «rituel»…Au début de cette année, et pour la première fois, depuis son départ de son village natal de Naithai, elle y a donné un concert pour les villageois, sa famille, ses amis et leurs propres enfants. Mais surtout, cet événement émouvant pour tous lui a permis de rendre hommage à son gourou Sri Gopal Biswas (âgé de plus de quatre vingt ans) ainsi qu’à ses parents aujourd’hui disparus.

C’est en gardant vivantes en elle ses racines indiennes et en respectant la tradition de la musique de l’Inde du Nord, que Kakoli a acquis son talent artistique unique. Ayant maintenant atteint l’âge mûr, sa vie, tel un raga, se déploie comme un thème d’improvisation autour d’un thème donné : simple, spirituelle et profonde.